Ce qu’on ne nous dit pas, la fausse couche

fausse-coucheJ’ai longtemps réfléchis avant de parler de cette terrible épreuve ici, mais c’est un sujet dont on parle trop peu pour me permettre le silence. Et puis quelque part, si j’ai créé ce blog, c’est pour partager, aussi bien du contenu fun que du contenu moins fun. Alors allons-y !

ce que l’on ne nous dit pas … 

c’est comme une évidence. Après un petit garçon adorable, l’envie d’un deuxième se fait sentir… ces projets de bonheur ne laissent place dans ma tête à aucun nuages à l’horizon. Et puis il y a un jour où tout bascule.

Jamais on ne peut penser que ça peut nous tomber dessus avant que ça arrive. Un sujet tabou ? je pense que oui malheureusement. La fausse couche est très peu évoquée quand on démarre un projet bébé. On nous dit de prendre de la vitamine B9, de stopper notre contraception etc., mais on ne nous explique pas forcément la probabilité de fausse couche qui est de 20% (quand même). Oui on peut considérer que c’est malheureusement quelque chose de courant. A tel point que le corps médical, voir même l’entourage, à tendance à dédramatiser la fausse couche : « oh s’il est parti c’est qu’il y avait un problème » «aller vous recommencerez les essais rapidement! » oui mais pas si simple, d’autant plus que nous avions vu ce petit être et son cœur battre, deux semaines avant d’apprendre la mauvaise nouvelle…

Aujourd’hui j’ai envie d’aller de l’avant. L’envie quelque part de clôturer ce deuil, maintenant que bébé 2 est parmi nous. Un nouveau départ via un article très personnel dans lequel je vous explique tout et sans tabou.

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Une certaine intuition m’a fait consulter ma gynécologue en urgence à 9 SA. Une dame que j’adore, c’est d’ailleurs elle qui avait suivi ma première grossesse. J’avais au fond de moi peur d’aller à la première échographie des 12 SA de cette 2ème grossesse et d’y apprendre une mauvaise nouvelle. « T’inquiète pas je suis certain que tout va bien » me disait mon homme. Mais depuis deux semaines les symptômes de grossesse se faisant moins sentir, il fallait que je vérifie.

« Ne vous inquiétez pas, tout va bien aller ! » voilà ce que m’a dit d’emblée ma gynécologue. Ayant eu une première grossesse à terme sans encombres, je pense qu’elle ne se doutait pas de ce qui pourrait arriver. Et pourtant j’y ai cru à ses mots. Mais à peine l’échographie commencée, elle me dit qu’elle n’arrive pas à voir le cœur battre, ce même cœur que j’avais vu battre 2 semaines avant dans ce même cabinet… tout s’effondre. Le monde s’arrête.

J’appelle mon mari qui rentre de son déplacement. Désemparé. Ma gynécologue me propose soit de laisser faire la nature, soit de prendre un médicament ou d’opter pour l’aspiration. Mais moi je ne peux toujours pas croire que je suis en train de vivre une fausse couche. C’est d’ailleurs le GROS problème : la mauvaise prise en charge psychologique des femmes qui vivent la fausse couche. On vous propose immédiatement un médicament pour avorter et CIAO ! Alors que proposer un suivi psychologique, un vrai soutien moral, serait indispensable pour aller de l’avant.

Ayant du mal à me rendre compte de la situation, en pleurs, je décide de laisser faire la nature dans un premier temps. Et c’est en arrivant chez moi que quelques gouttes de sang ont fait leur apparition… l’aspect psychologique est très fort. Puis, plus rien.

âmes sensibles, ne lisez pas le paragraphe qui suit 

Le jour qui a suivi, malgré la tristesse, j’ai eu envie de tester une approche plus naturelle pour que mon petit être se détache de moi. Je dis « petit être » car oui j’ai bel et bien vu son petit cœur battre. Tisanes de thym et de sauge, associées à l’homéopathie auront permis de déclencher « l’expulsion » au bout de 5 jours (si vous voulez plus d’information à ce sujet, laissez-moi un message sous cet article).  Des jours et des nuits très difficiles, de douleurs (contractions) et de sensation d’expulsion vraiment horribles. Un mauvais passage à vide où grosse anémie (car oui les quantités de sang perdu sont phénoménales) et moral à zéro rythmaient le quotidien. C’est d’ailleurs l’autre GROS problème : le manque d’informations de la part des gynécologues sur ce qu’il va réellement se passer pendant la phase d’expulsion, l’énorme fatigue et les vertiges qui s’en suivent. Bref, les jours se sont suivis et j’ai réussi à traverser cette douloureuse épreuve. Je dois tenir ça de ma maman, cette capacité à remonter les pentes, même dans les situations vraiment pas terribles. Noël approchant, le baume au cœur revenu, c’est avec joie que j’ai visualisé l’année 2018.

un nouveau départ, loin d’être facile 

Nous avons décidé d’entamer la nouvelle année avec l’espoir de connaitre à nouveau une nouvelle grossesse. Mais loin de moi de savoir dans quoi je m’aventurais. Je ne savais pas que mon passé me rattraperait autant.

Comparé à ma première grossesse, ce n’est effectivement pas la même plénitude que j’ai connu, loin de là. Ce stress et ces angoisses qui nous submergent à chaque échographie ou rendez-vous gynécologique. Ces rendez-vous qui me faisait replonger dans le souvenir de cette fausse couche. La peur que quelque chose de mal arrive à ce bébé. J’ai la chance d’avoir un mari formidable qui m’a vraiment aidé à avancer plus sereinement dans cette nouvelle grossesse. Contrairement à ma première grossesse, j’ai énormément communiqué avec ce bébé qui était dans mon ventre, je lui expliquais tout. Je lui parlais, je chantais, je lui faisais écouter mes chansons préférées. Même dans les gros moments de stress, je lui confiais tout. J’ai créé un lien unique entre nous 2. Je pense que c’est ce qui en fait aujourd’hui un bébé très serein, très calme et rassuré. À peine née, je lui disais «je vais prendre soin de toi, je t’aime plus que tout». Je me suis même excusée de lui avoir fait vivre des moments de stress, qui n’était pas liés à elle, mais à la fausse couche. Et encore aujourd’hui, peu importe les situations, qu’on aille chez des amis, en rendez-vous médical, quand elle entend un gros bruit etc.  Je lui explique tout ce qu’il se passe afin de la rendre plus en confiance.

La communication avec son bébé, qu’il soit dans le ventre et après la naissance, est essentielle. Les bébés ont cette capacité à comprendre et à s’adapter à la situation si on leur parle sincèrement.

Aujourd’hui on peut dire que je suis une maman louve très protectrice avec ma fille et je pense, c’est même certain, que la fausse couche y est pour quelque chose.

les solutions pour aller de l’avant

Mais une fausse couche parlons-en, n’ayons pas honte de parler de nos peurs, de notre tristesse. La communication sera sans nul doute une des meilleures des thérapies. Et puis oui, une fausse couche ne doit pas être tabou.

En parallèle à cette communication, qui est essentielle, pour conserver le calme, j’ai eu recours à différentes méthodes comme l’homéopathie, le yoga et l’acupuncture, qui m’ont été très bénéfiques.

 

Si vous souhaitez vous confier ou en parler, ce sera avec plaisir d’échanger avec vous sur le sujet, et peut-être vous aider un peu dans ce moment de vie douloureux.

5 réflexions sur “Ce qu’on ne nous dit pas, la fausse couche

  1. La fausse couche est malheureusement un sujet tabou.. On en parle brièvement mais trop peu. On sait que ca peut nous arriver mais on ne sait pas concrètement ce que cela implique, ce qu’il va se passer. Je suis entièrement d’accord sur le fait qu’un suivi psychologique serait indispensable… Heureusement que tu as pu trouver d’autres méthodes pour te soulager et aller de l’avant. Ca n’a pas du etre une période facile… Merci de libérer la parole et d’aborder le sujet ici. ❤

  2. Un article très authentique et qui rejoint mon cheval de bataille depuis bien longtemps: briser le tabou lié aux fausses couches! J’en ai hélas 5 à mon actif: 3 d’affilée puis naissance miracle de ma fille. 2 nouvelles ensuite et je suis miraculeusement enceinte de 5 mois d’un petit garçon. Ces fausses couches m’ont transformée, que ce soit en tant que femme ou en tant que mère. On ne vit plus rien après avoir perdu un ou plusieurs bébé(s), dans le silence, l’abandon du corps médical, le manque de prise au sérieux de beaucoup. Bravo pour cet article qui dit les choses comme elles le sont.

    • félicitation pour ce petit garçon 🙂 je te souhaite une jolie fin de grossesse. Je te rejoins sur le fait que la fausse couche transforme. Je suis ultra protectrice avec mon bébé, plus que je ne l’étais pour mon premier !

  3. Un petit mot pour donner le nom d’une association : Agapa qui accueille et accompagne des hommes et des femmes touchés par une grossesse qui n’a pu être menée à son terme (https://association-agapa.fr/). Je n’ai pas vécu cette expérience douloureuse puisque de toute façon nous n’avons pas pu avoir d’enfant avec mon mari mais je pense souvent à ma grand-mère paternelle qui a eu 3 ou 4 fausses couches tardives (des filles) avant d’avoir son unique enfant, mon père. C’est une expérience très solitaire et tellement douloureuse difficile à dépasser et je sais que ma grand-mère a été très malheureuse. J’espère que vous trouverez la bonne écoute avec votre mari pour vous aider à dépasser cela. Votre article m’a beaucoup touchée.

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